Kiné, ostéo, indépendant : et si votre arrêt de travail compromettait votre activité ? La prévoyance TNS expliquée.

Vous soignez vos patients à la main. Vous guidez des voiliers. Vous montez des installations électriques sur des bateaux. En un mot : votre corps est votre outil de travail. Un arrêt de travail — même court — et c'est toute votre activité qui se retrouve à l'arrêt. Pourtant, la majorité des indépendants du Bassin d'Arcachon sous-estiment le vide béant que laisse la Sécurité sociale dans leur protection. Décryptage.

 

1. Le point commun entre un ostéopathe et un moniteur de voile ? La Sécu ne les protège pas vraiment

Qu'on soit kinésithérapeute libéral à Arcachon, ostéopathe à La Teste-de-Buch, guide de pêche au départ du port d'Eyrac ou artisan chantier naval à Gujan-Mestras, le statut de Travailleur Non-Salarié (TNS) crée une même vulnérabilité structurelle.

Le régime obligatoire — CPAM pour les artisans et commerçants, CIPAV pour les professions libérales non réglementées, CARMF pour les médecins — verse des indemnités journalières (IJ) calculées sur 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années. Résultat concret pour un kiné gagnant 60 000 € nets par an : environ 68 € bruts par jour, soit moins de 2 100 € par mois, et rien avant le 4e jour d'arrêt.

Pour les professions libérales réglementées de santé (kinésithérapeutes, orthophonistes, podologues, infirmiers libéraux affiliés à la CARPIMKO), le régime de prévoyance obligatoire de leur caisse est légèrement plus favorable — mais reste très insuffisant face aux charges fixes d'un cabinet.

Pour les ostéopathes en revanche, la situation est encore plus précaire : non affiliés à une caisse spécifique de santé, ils relèvent souvent du régime artisan-commerçant ou professions libérales selon leur statut juridique, avec des IJ parmi les plus basses du marché.

 

2. Le risque spécifique des métiers "manuels" et maritimes : le barème professionnel

C'est le point technique le plus important — et le plus souvent mal compris lors de la souscription d'un contrat.

Il existe deux façons d'évaluer une invalidité dans un contrat de prévoyance :

·       Le barème fonctionnel évalue votre capacité à accomplir les gestes de la vie quotidienne (marcher, se lever, s'habiller). Un kiné avec une tendinite du coude peut marcher normalement et sera jugé "apte" à 95 % selon ce barème.

·       Le barème professionnel évalue votre capacité à exercer votre métier. Ce même kiné ne peut plus pratiquer ses massages ni ses manipulations. Sur un barème professionnel, il sera reconnu en invalidité partielle ou totale.

La règle absolue pour les professions manuelles : exiger un contrat avec barème professionnel — kinés, ostéos, podologues, chirurgiens-dentistes, mais aussi guides de pêche, moniteurs de voile, techniciens d'électronique marine, charpentiers de marine. La perte d'usage d'un pouce ou d'un poignet ne change rien à votre capacité à marcher, mais elle met fin à votre activité.

 

3. Les charges fixes qui continuent de tourner pendant votre arrêt

C'est souvent ce que les indépendants oublient de calculer. Pendant un arrêt de travail de 3 mois, voici ce qui continue :

  • Loyer du cabinet ou mensualité de prêt immobilier professionnel

  • Leasing du matériel (table de massage, matériel de navigation, outillage)

  • Charges sociales minimales (même à l'arrêt, certaines cotisations continuent)

  • Salaires des collaborateurs (secrétariat, associé salarié)

  • Assurance responsabilité civile professionnelle (non suspendable)

  • Remboursements bancaires personnels (immobilier, voiture)

Un contrat de prévoyance de qualité doit inclure une garantie de remboursement des frais professionnels fixes — distincte des indemnités journalières de maintien de revenus. C'est une option souvent négligée à la souscription, et douloureusement regrettée le jour du sinistre.

 

4. Les spécificités des professions de santé libérales

Kinésithérapeutes et masseurs-ostéopathes

Affiliés à la CARPIMKO pour les kinés, ils bénéficient d'un régime de prévoyance obligatoire intégré à leur caisse. Mais ce régime de base couvre une IJ d'environ 50 € par jour après 90 jours d'arrêt (franchise longue). Le complément par un contrat privé est indispensable dès le premier jour.

Point de vigilance : les contrats qui excluent les affections dorso-lombaires ou imposent une hospitalisation préalable pour les indemniser. Or lombalgies et pathologies musculo-squelettiques sont précisément les arrêts les plus fréquents chez les kinés et ostéos.

Orthophonistes, podologues, infirmiers libéraux

Même caisse (CARPIMKO), mêmes enjeux. À noter : les infirmiers libéraux ont souvent des revenus plus variables selon leur secteur (zone sous-dotée vs zone tendue) — le calcul des IJ de base en est d'autant plus aléatoire.

Médecins libéraux (CARMF)

La CARMF offre un régime plus complet, mais le plafond de revenus couvert reste insuffisant pour les praticiens à forts honoraires. La garantie invalidité de la CARMF est calculée sur les revenus déclarés, avec un plafond très en deçà des revenus réels de nombreux spécialistes.

5. Les points de vigilance communs à tous les indépendants

La franchise : choisissez-la en cohérence avec votre épargne

Un contrat bien construit distingue les franchises selon l'origine de l'arrêt :

  • Hospitalisation : 0 à 3 jours

  • Accident : 3 à 7 jours

  • Maladie : 15 à 30 jours (à moduler selon votre réserve de trésorerie)

Les exclusions à débusquer

Les contrats d'entrée de gamme excluent systématiquement :

  • Les lombalgies sans hospitalisation

  • Le burn-out et les pathologies psychiatriques

  • Les affections discales sans intervention chirurgicale

Un contrat de qualité couvre ces pathologies sans condition d'hospitalisation préalable.

Madelin ou hors-Madelin : la question fiscale

Les cotisations d'un contrat Madelin sont déductibles de votre bénéfice imposable. Avantage immédiat, surtout si votre TMI est élevée. En contrepartie, les IJ perçues seront imposables à la réception. Le contrat "hors Madelin" fonctionne à l'inverse : pas de déduction à l'entrée, mais des prestations nettes d'impôt. Le bon choix dépend de votre situation fiscale et de votre stratégie de trésorerie — c'est précisément là qu'intervient l'analyse du courtier.

 

6. Pourquoi l'expertise d'un courtier indépendant change tout

Le marché de la prévoyance TNS est dense, technique et peu transparent. Entre les offres bancaires packagées, les contrats proposés par les associations professionnelles et les solutions du marché ouvert, les écarts de garanties sont considérables pour des cotisations parfois similaires.

En tant que courtier indépendant basé à Arcachon, Armengaud Assurances vous apporte :

  1. Un audit de l'existant : analyse de vos contrats actuels, détection des doublons, identification des trous de garantie

  2. Un accès multi-compagnies : comparaison objective de plusieurs compagnies spécialisées, sans appartenir à aucune

  3. Une lecture du questionnaire de santé : étape critique, souvent bâclée, qui conditionne la validité future de vos garanties

  4. Un accompagnement au sinistre : en cas d'arrêt, le courtier est votre interlocuteur face à la compagnie pour accélérer l'indemnisation et défendre vos droits

Conclusion

Que vous soyez kiné, ostéo, moniteur de voile ou artisan du nautisme sur le Bassin d'Arcachon, votre activité repose sur votre capacité physique à exercer. Ne laissez pas un arrêt de travail — même de quelques semaines — mettre en péril des années de construction.

La prévoyance TNS n'est pas une dépense. C'est la garantie que votre cabinet, votre outil de travail, votre famille, continuent de tenir le cap quand vous ne pouvez plus naviguer.

Vous souhaitez faire le point sur votre protection actuelle ? Contactez-moi pour un audit complet et sans engagement. Nous analyserons ensemble vos garanties réelles — et les vides que votre contrat actuel ne vous dit pas.

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